• Vincent

Hommage à Uderzo


Amies Tougeliennes, amis Tougeliens, bonjour !

C’est un peu ma madeleine de Proust à moi. Quand j’étais petit, je passais souvent mes vacances dans l’arrière-pays niçois, à Tourrette-Levens, où je retrouvais ma tata Sylviane et mon cousin Emmanuel. J’ai gardé beaucoup de très, très bons souvenirs de ces périodes. La maison biscornue avec ses escaliers de trois marches disséminés un peu partout, les paliers, le muret de pierres dans le fond du jardin, le vieil olivier aux branches noueuses, la cuisine (pièce) de ma tante, la cuisine (gastronomie) de ma tante, la lumière du salon quand il était baigné de soleil, la vue sur la vallée, le château au sommet de la colline qui nous faisait face, la pénombre qu’il y avait toujours dans la pièce située entre la cuisine et la chambre de mon cousin, dont on gardait les volets fermés pour la protéger de la chaleur de l’après-midi, et puis la petite table carrée héritée de mes grands-parents (je n’en suis plus si sûr) avec ses quatre chaises d’angle, l’ordinateur, les parties de Kick-Off, et encore les Pif-Gadget, les Manimal que nous regardions à la télévision avec mon cousin, et surtout, surtout… les Astérix !

Chez moi, c’était les Gaston Lagaffe.

À Tourrette, c’était Astérix. Ils y étaient tous ! Et le rythme de publication n’ayant jamais baissé, il y en avait un de plus à chaque année où je revenais, et je les lisais, je les relisais, je les re-relisais, dans le désordre, sans préférence, durant des heures, aimant chaque épisode autant que les autres.

Quand nous avons appris la mort d’Uderzo, mardi dernier - une disparition passée presque inaperçue en ces temps d’épidémie de SARS-CoV-2 (stylé, le nom !) - tous ces souvenirs me sont remontés d’un coup, et je me suis alors aperçu à quel point toutes ces histoires d’Astérix avaient marqué mon esprit.

Vous le verrez, la nouvelle hommage que je vous propose aujourd’hui est truffée de tout ce qui faisait, de tout ce qui fait partie de la grammaire astérixienne, pour dire les choses de façon pompeuse, ou plus simplement, de tous les gags, de toutes les situations qui reviennent inlassablement au fil des aventures du petit Gaulois : il y a le bateau pirate qui coule, Idéfix qui pleure quand on arrache un arbre, le poisson pas frais, les bagarres au village, les Romains qui décollent quand on leur fout des baffes, le barde qui chante, le forgeron qui lui tape dessus, le chef qui tombe de son pavois, Astérix qui boit une rasade de potion, Obélix qui trouve qu’ils sont complètement fous, ces Romains, et puis des jeux de mots gros comme des maisons, des noms rigolos, un banquet final, etc. etc.

Il y a tout cela dans ma nouvelle. Et pourtant, je n’avais plus lu la moindre planche d’Astérix depuis au moins quatre ou cinq ans, peut-être même dix. Et pourtant, je n’ai aucunement eu besoin de me replonger dans ces histoires pour retrouver les détails que j’énumérais plus haut. Tout était là, en moi, gravé comme dans le marbre des tablettes romaines, aussi limpide que les détails de ma propre vie, aussi (voire plus) net que les quelques dates et les quelques faits historiques que l’on a tenté de m’inculquer, avec plus ou moins de réussite, durant toute ma scolarité… Je crois que c’est à cela que l’on peut mesurer l’extraordinaire popularité - réelle, profonde - des aventures d’Astérix ; à cela qu’on peut mesurer surtout l’incroyable talent de Goscinny et Uderzo. Ils ont su créer rien moins qu’une part de nous-mêmes.

Une part indélébile.

Indéracinable.

Irréductible.

Pour lire « Astérix et le mystère de l’étoile filante », la nouvelle hommage de la Touche G à la mémoire d’Albert Uderzo et de René Goscinny, c’est ici ! Vous verrez au passage que cette nouvelle est à un nouveau format, beaucoup plus graphique (l'occasion s'y prêtait). Pour profiter au maximum de ces nouveautés, je ne saurais trop vous conseiller de télécharger ce pdf et de le lire dans une appli dédiée de votre tablette (si vous en avez une), telle que livres, kindle, etc.

Bonne lecture à tous, et je reviendrai prochainement vers vous pour vous parler du compte Tipeee de la Touche G, et de la possibilité que vous avez désormais de filer un pourboire à l’auteur si ce qu’il écrit vous plaît.



58 vues1 commentaire

© 2016 - 2022 Vincent Struxiano.